Randonnée pédestre de Mazangé à Azé et Courtozé, le 24 septembre 2011

Samedi à 14 h 30, par un temps superbe une bonne trentaine d’adhérents se retrouve à Mazangé, au Gué-du-Loir, chez Pascale et Claude Beauvais, au Moulin de la Bonaventure. Situé au confluent du Loir et du Boulon, il offre un panorama unique sur le Loir qui s’étale au-dessus d’un grand déversoir, avant de rencontrer la petite rivière du Boulon située en contrebas, là où se trouve le Gué de la chanson…

Claude Beauvais nous conte l’histoire du moulin, précisant aux dames que le roi Henri  IV portait sa maîtresse du moment sur son dos pour qu’elle franchisse le Boulon à pied sec, « la Bonne Aventure, ô Gué, la Bonne Aventure ! »
Au XVIe siècle à la Hotterie, il y avait trois moulins, à blé, à tan et à drap. En 1906, il n’en reste que deux, l’un à blé, l’autre est devenu une beurrerie. En 1938, le site, reconverti en trutticulture de repeuplement, compte trente bacs d’éclosion et d’élevage et un grand réservoir d’eau caché dans une tour à poivrière assez incongrue… évoquant celles du Manoir voisin. La pisciculture s’arrête en 1950. Il ne reste maintenant qu’un seul moulin dont la roue refaite à neuf tourne pour le plaisir de la vue…

Départ pour Azé où les meunières de Galette, la mère et sa fille, Chantal Lelong, nous montrent leur joli petit moulin, resté en l’état après le décès du dernier meunier, le mécanisme en fonte, les meules, les cloches, les sacs à farine encore prêts à servir… Seule la roue a été démontée, n’en subsistent que les parties en fonte, tout le bois a disparu… Au XVe siècle, les Religieuses de la Virginité possédaient le moulin et le four banal du bourg. Dans le bâtiment actuel du XIXe siècle, de solides poteaux en bois soutiennent deux paires de meules. Un intéressant mécanisme à main pour la mise en route des meules est toujours en place.
Un des meuniers de Galette, Ambroise Rigolet, d’abord meunier à Courtozé puis à Chétiveau, devint maire d’Azé en 1897.

Nous repartons pour Courtozé, dont le moulin fut remanié quand le château voisin a été rebâti fin XIXe siècle. Les bâtiments anciens renfermant le mécanisme du moulin ont été flanqués d’une tourelle faisant office de pigeonnier et, afin de cacher le transformateur électrique, une seconde tourelle ajoutée en pendant à la première, sans doute à l’entre-deux-guerres.
À la fin du XIIe siècle, le moulin de Courtozé fut donné aux moines de la Trinité de Vendôme, qui le vendirent en 1577 à André de Nambu, prévôt de Courtozé et premier huissier de la Chambre du Roi et à sa femme, Louise de la Fosse, pour pouvoir payer leur part de 61 écus de la taxe sur le clergé de France qui permettrait à Henri III de guerroyer contre les Protestants.
Le château reconstruit en 1866 par Charles-Édouard Croué, négociant, fut pourvu d’un remarquable système hydraulique à double bélier pour monter l’eau sur le coteau afin d’alimenter les chutes d’eau du parc. Sur le côté gauche, un petit bâtiment arrondi au toit pointu en mauvais état abrite ce bélier.

Après la visite de ces trois moulins, une bonne partie des visiteurs met le cap à pied vers le Gué du Loir par un joli chemin ombragé le long du Boulon. En cours de promenade, nous apercevons le Moulin du Liers et le Moulin d’Echoiseau où Alfred de Musset et sa famille venait passer les vacances sous la Restauration.

Après une heure de marche, revenus au point de départ, nous traversons le parc du Manoir de Bonaventure, visitons le pigeonnier et admirons dans la grande salle voûtée l’exposition sur la famille de Musset et la Bonaventure que Madame Magnant nous commente fort aimablement. Nous la remercions chaleureusement de sa gentillesse.

Puis nous passons devant le Grand Moulin de F. et A. Lacour et rejoignons, au Gué du Loir, Pascale Beauvais qui nous a préparé de délicieuses madeleines et des rafraîchissements fort bienvenus. Nous remercions tous nos hôtes pour cette bien belle après-midi aussi instructive que sympathique.

Cliquez ici pour voir quelques photos