Moulin de Souvigny

Un moulin encore en activité dans le Loir-et-Cher

Je vous avais promis des informations sur les quatre moulins à farine encore en activité en Loir-et-Cher à ce jour. (Il en restait à peine cinquante en 1945… et 39 dans l’annuaire 1957 de la Meunerie française).

Nous commencerons par le moulin de Souvigny, situé sur le Beuvron, à Seur (41120) entre Cellettes et Les Montils.

vue générale : le plan d’eau du Beuvron en amont du moulin

vue générale : le plan d’eau du Beuvron en amont du moulin

Situés sur le cours du Beuvron, entre le Moulin Neuf à Cellettes et le moulin de Rouillon aux Montils, les bâtiments de ce moulin restent la propriété du château voisin, mais les gérants commerciaux sont les frères Emilien et Michel Cosson qui ont succédé à leur père au début des années soixante. En modernisant sans relâche leur exploitation, ils ont réussi depuis cette date, dans un contexte très évolutif, à en tripler l’importance.

En 1968, ils décident de se consacrer uniquement à la production de farine panifiable et d’abandonner le broyage à la meule d’orge et d’avoine pour l’alimentation animale, activité trop consommatrice de main d’œuvre et dont le déclin s’amorçait. La meule est donc démontée et dégage de la place pour moderniser et augmenter le parc de broyeurs et convertisseurs. Quatre appareils à cylindres de marque Lafon (constructeur tourangeau, aujourd’hui disparu) viennent rejoindre un prototype déjà installé quelques années plus tôt.

Commercialement, l’affaire se développe par croissance externe. Équipés pour satisfaire une demande croissante, les frères Cosson rachètent le contingent (droit d’écrasement) d’un confrère cessant son activité.

En 1972, la roue qui était installée à l’extérieur (à gauche du bâtiment sur la photo) est démontée et remplacée par une turbine plus puissante qui entraîne la totalité des machines du moulin, y compris la soufflerie de l’équipement pneumatique qui permet de transporter les sons et farines par air pulsé plutôt que par vis hélicoïdales ou par élévateurs à godets. Elle entraîne aussi une dynamo assurant l’éclairage général, dynamo alimentant une série de batteries. En cas d’insuffisance d’eau dans le Beuvron ou de maintenance sur la turbine ou le vannage, un moteur électrique pouvant être alimenté par générateur diesel et un ancien moteur Ruston diesel peuvent prendre le relais en se partageant le travail.

3 broyeurs Lafon au premier plan ; les 2 autres sont derrière.

3 broyeurs Lafon au premier plan, les 2 autres sont derrière.

Ensuite, ce sont successivement 3 camions équipés pour la livraison de farine en vrac, dont 2 citernes, qui sont venus s’ajouter aux deux anciens véhicules (… un Berliet type GAK de 43 ans dans un remarquable état d’origine, est religieusement conservé pour les livraisons dans les rues étroites des centres-villes !)

Le hangar métallique plus récemment ajouté, que l’on aperçoit à droite du bâtiment, contient les silos à farine permettant le chargement automatisé de deux camions simultanément et aussi leur garage.

La bâche verte que l’on devine au ras du sol au milieu de la photo abrite une large trémie destinée à recevoir le blé également livré en vrac.
Pourvus d’un matériel moderne soigneusement entretenu, les deux frères assistés de deux collaborateurs ont une étonnante productivité. Leur zone d’activité commerciale est bien sûr en majorité régionale. Mais certains de leurs clients boulangers ont « émigré » en Charente, dans l’Allier ou en région parisienne… et leur sont restés fidèles.
Le Berliet GAK n’est pas prêt pour la retraite !
le plansichter : composé de différents étages de tamis successifs, remplaçant les anciennes bluteries.

Le plansichter: composé de différents étages de tamis successifs, il remplace les anciennes bluteries.