Moulin de la Bonaventure

Le Gué du Loir

Ce nom de « Bonaventure », attesté au XVIIe siècle, date du rattachement à la seigneurie de Bonaventure.

Sur le Loir, à l’endroit où le Boulon conflue, le Moulin de Bonaventure garde encore des vestiges de son passé. À proximité du manoir de Bonaventure, à mi-chemin de Vendôme et de Montoire, au hameau du Gué du Loir, dont le nom vient d’un ancien gué qui permettait de franchir le Loir sur une route antique allant de Tours à Paris.La roue du moulin de Bonaventure


La tradition rapporte qu’Henri de Bourbon, duc de Vendôme et futur Henri IV, traversait ce gué « en portant ses maîtresses sur ses épaules ». Molière a rendu ce gué célèbre en introduisant dans Le Misanthrope la chanson « La bonne aventure, ô Gué ».

Moulin de Bonaventure

Au XVe siècle, trois moulins coexistaient sur le site actuel, à quelques dizaines de mètres en amont de la confluence des deux rivières. Ces moulins, dits « du Gué du Loir » puis « de la Hotterie », étaient respectivement moulins à tan, à blé et à drap.
Le passage du Boulon est sujet à un péage relevant du duché de Vendôme. Ce droit de bac à péage ou « bac à billette » était possédé au XVIIe siècle par les seigneurs de Villeprouvaire. On peut penser que ce droit de péage, exercé par l’un des meuniers, prit fin en 1809, avec la construction d’un pont en bois sur le Boulon. L’actuel pont de pierre, qui sert de passage à la route de Vendôme à Savigny, remplaça ce pont de bois en 1860.

En 1906 deux moulins perdurent, mais seul le moulin à blé fonctionne encore, l’autre moulin est devenu une beurrerie.

Moulin de la Bonaventure

En 1923, le Fishing Club de France, dans l’intention d’implanter une trutticulture, visite le moulin de Chétiveau sur le Boulon, le moulin de Bonaventure sur le Loir, un moulin à Morée et un autre à Saint-Bohaire. À l’issue de cette prospection, en 1925, le moulin de Bonaventure devient la propriété du Fishing Club de France. Sur l’emplacement de la beurrerie, un bâtiment dont l’architecture rappelle le manoir tout proche est édifié. Il abritera trente bacs d’éclosion, et dans son château d’eau, habillé en poivrière, une cuve métallique peut stocker 12 m3.
Le système hydraulique consiste à pomper l’eau du Boulon, très favorable à la vie de la truite, et à la conduire dans la cuve. Pour cela, un moteur à eau, une roue à aubes, mû par l’énergie hydraulique du Loir entraîne une pompe. L’eau stockée est ensuite redistribuée par gravité dans les bacs d’éclosion avant de regagner le lit du Boulon.
Ultérieurement, le système « roue à aubes-pompe » sera remplacé par des béliers hydrauliques et enfin par des pompes électriques. À l’extérieur, trois bassins circulaires, encore visibles, construits à partir de 1955,  servent à abriter les truitelles en attente d’alevinage.
L’activité de pisciculture débute en 1938 et cessera après 1958 en raison de maladies des truitelles, très probablement imputables à la pollution naissante du Boulon. Dans les années 50, la pisciculture fonctionne de décembre à juin. Les œufs, une fois livrés en caisses en provenance du Danemark, éclosent au bout de 55 jours. Les truitelles, âgées de deux mois, sont déversées dans les cours d’eau en vue du repeuplement.

Aujourd’hui, la roue à aubes tourne à nouveau, mais sans activité motrice.

Moulin de la BonaventureDes vestiges du moulin à blé subsistent à travers les glissières de la vanne motrice, la vanne de décharge et un palier de l’arbre de la roue, ex-moteur à eau.

Le troisième moulin, aujourd’hui disparu, était vraisemblablement construit sur une île à l’emplacement du bassin rectangulaire actuel.

 

Le Gué-du-Loir – MAJ 2017 –
Se visite du 1er au 31 août sur demande de RDV adressée à  beauvaiscl@gmail.com

 

Au Gué du Loir

La Bonne Aventure, ô gué…

Je suis un petit poupon
De bonne figure
Qui aime bien les bonbons
Et les confitures.
Si vous voulez m’en donner,
Je saurai bien les manger.
La bonne aventure, ô gué,
La bonne aventure.Au Gué du Loir

Lorsque les petits garçons
Sont gentils et sages,
On leur donne des bonbons,
De belles images.
Mais quand ils se font gronder
C’est le fouet qu’il faut donner.
La triste aventure, ô gué,
La triste aventure.

Je serai sage et bien bonLa bonne Aventure, o gué
Pour plaire à ma mère,
Je saurai bien ma leçon
Pour plaire à mon père.
Je veux bien les contenter,
S’ils veulent m’embrasser.
La bonne aventure, ô gué,
La bonne aventure.