Samedi 29 septembre, une vingtaine d’adhérents de l’ASME s’est retrouvée à Romorantin, en Sologne, dans le square Ferdinand Buisson, à proximité de la majestueuse Porte des Béliers. Effectivement c’était l’entrée de l’ancienne filature Normant, et comme on y traitait la laine, le portail est orné de deux magnifiques têtes de béliers…

Hélène Leclert, historienne locale, après un petit préambule sur Romorantin, la Saulde, l’empire industriel Normant, qui a fait vivre plusieurs générations de Romorantinais, et sur les redoutables inondations qui ont endommagé gravement le centre-ville en juin 2016, nous a emmenés au bord de la Sauldre, le long du quai Jacquemard. Nous y avons vu les moulins du quai de l’Île : le moulin de la Ville et le moulin du Chapitre où était installé le musée de Sologne, toujours sinistré.

 

Ensuite, nous avons admiré le moulin des Garçonnets tout en pans de bois, situé rue de l’Enfer, sur l’autre bras de la Sauldre. « Garçonnets » du nom d’un des meuniers qui en a été propriétaire. Racheté par la ville pour en faire une maison des Jeunes, il est également sinistré… Jean-Claude Royoux, qui en fut un des minotiers nous a raconté comment ces trois moulins regroupés étaient devenus la Minoterie Simon : contingent de 91 600 quintaux, la deuxième en importance après les Moulins de Blois, et dont l’activité a cessé en novembre 1978.
Ensuite, visite rapide de l’Église Saint-Étienne, elle aussi très endommagée par les inondations et actuellement en restauration. Avant de revenir sur la Sauldre, arrêt historique devant une des plus anciennes maisons de Romorantin. Gilles Champiau nous a raconté comment cette maison du XVIe siècle avait appartenu à sa famille, avec documents authentiques à l’appui.

Passage par l’île de la Motte et évocation du Moulin des Poulies que l’on devine plus que l’on ne l’aperçoit derrière les arbres…

Hélène Leclert nous quitte alors, dans le square, où nous nous installons pour le pique-nique. Il est dominé par deux belles maisons bourgeoises XIXe siècle, celles des Normant, dont l’une est devenue la mairie de Romorantin, et l’autre, après avoir été la maison de retraite, vient d’être rachetée par la communauté de communes. Le square Ferdinand Buisson n’étant ni plus ni moins que le parc paysager de ces deux belles demeures. Comme la route qui mène à Blois traversait leur propriété, les Normant ont, tout simplement, fait creuser un tunnel dans le style Rocaille sous la rue, pour avoir un accès facile à leur parc. Dans celui-ci, à l’abord d’une des maisons, actuelle mairie, il y a une étrange construction. Étrange pour la Sologne : une pagode asiatique !

En réalité il s’agit d’un château d’eau, installé là pour arroser le parc. La pagode, construite à la fin du XIXe siècle, nous sommes en plein période orientaliste, cache le réservoir d’eau et la pompe élévatrice pour l’arrosage… Une jeune responsable de l’office du tourisme nous raconte l’histoire de cette pagode, puis nous grimpons, par un escalier en colimaçon très étroit en fonte, jusqu’au petit salon de thé orné de ravissantes peintures japonisantes et éclairé par de fort jolis vitraux peints en 1880 par Émile Hirsch, peintre-verrier (Metz 1832-1904) élève de Delacroix, Ingres, Flandrin et Théodore Rousseau. Cette « fabrique » restaurée en 1972 puis en 2009/2010 est un exemple fort intéressant de cette mode et ce goût pour les « chinoiseries ».
Une très belle journée, aussi instructive que plaisante, le soleil et le beau temps ayant été de la partie. Merci à nos deux guides qui ont été d’excellentes conteuses, et aux organisateurs qui avaient si bien choisi le lieu de la balade.
Pour certains, elle ne se terminait pas là, mais au musée Matra où les amateurs d’automobiles en ont eu plein les yeux… redevenus tout à coup de véritables petits enfants dans un magasin de jouets… grandeur réelle !