Samedi 22 avril, l’Association de Sauvegarde des Moulins à Eau a tenu son assemblée générale 2017 au moulin de Varennes (*) à Naveil près de Vendôme.
Sous un soleil matinal, au café d’accueil nous comptons 52 présents et 17 pouvoirs, le quorum est largement atteint. Nous serons soixante-quatre au déjeuner à Lavardin.
À 9 heures, Jean-Pierre Rabier ouvre la séance en remerciant notre hôte de son accueil. Francis Minier en réponse, précise qu’il nous convie à l’inauguration prévue ce jour d’un dégrilleur tout neuf. Étudié par une filiale de son groupe il vient d’être installé en amont de la turbine. Philippe Chambrier, Président du Syndicat du Loir, et les représentants des entreprises intervenantes sont attendus à 11h 30 à un vin d’honneur. L’ASME y est également conviée ! Il va falloir parler très vite pour finir à temps.

Rapport d’activité
• L’assemblée générale 2016 à Romorantin suivie de deux belles visites : la minoterie Bisson puis la centrale hydraulique de Villeherviers. Les deux conseils d’administration en octobre 2016 et février 2017, au programme chargé.
• Le moulin Rochechouard a fortement mobilisé les membres de l’association ayant la « chance » d’habiter à côté : déménagement, nettoyage, re-emménagement, espaces verts. Travaux réalisés par Pascal Goulet, notre maçon adhérent et propriétaire d’un moulin à Onzain. L’A.G. 2015 à Onzain s’est déroulée chez lui.
• Participation à la journée des moulins pour cinq d’entre vous : 835 visiteurs.
• Ouverture estivale du moulin Rochechouard, de mai à septembre. Visites scolaires et diverses expositions ont attiré 4 000 visiteurs. Nicole Fiot commente le détail et distribue le flyer du programme de l’été 2017, consultable sur notre site.
• Promenade de septembre 2016 autour des moulins de Meung-sur-Loir, sous la conduite de Philippe Régnier, et pique-nique au moulin Cropet de Jean-François Pichon. Photos visibles sur www.moulinsaeau-41.org
• Réunions CLE, SAGE, Syndicats de rivière, auxquelles J.-P. Rabier, Jacques Godin ou Claude Beauvais ont participé.
• Visite de huit moulins – pas tous adhérents ASME— pour conseils ou renseignements divers.
• Participation de cinq d’entre nous au congrès national de la FFAM à Cosne-sur-Loire et participation au séminaire juridique de la FFAM dans le Finistère.
• Revue ASME : Je ne cite plus la revue annuelle qui paraissait à l’occasion de notre AG. Nous avons décidé de remplacer cette seule parution d’une cinquantaine de pages, par deux parutions, en juin et décembre, 20 à 24 pages consacrées aux seules nouvelles de l’association… Rendez-vous fin juin prochain. En fin d’année pour le message de vœux, nous avons déjà tenté une « demi-mesure ». La prochaine fois, ce sera un peu plus épais et en couleur.

Rapport financier
Présenté par notre trésorier Pierre Laurand et certifié par un commissaire aux comptes bénévole, Frédéric Dejente, adjoint à la Mairie de Suèvres.
Pierre donne des informations sur la souscription préalable lancée avec l’aide de la Fondation du Patrimoine, avec qui nous avons signé la convention initiale il y a un an, lors de l’A.G. à Romorantin.
Le chiffre à connaître :  246 340 € total des travaux réalisés, incluant 131 765 € de subventions soit 53,49 % du montant engagé, depuis que l’ASME gère Rochechouard.
La souscription préalable aux travaux de fin 2016, lancée il y a un an, a rapporté 6 755 € offerts par 38 donateurs. 55 % des donateurs, donc 21 personnes membres ASME, ont donné 4 125 € soit 61 % du total. 46 % des donateurs, donc 17 personnes hors ASME, ont donné 2 630 € soit 39 % du total.
Les 35 962 € dépensés fin 2016 principalement pour  l’intérieur du moulin pèsent lourd dans notre bilan. Le locataire du logement du meunier ayant donné son congé en début d’année, privant l’ASME des loyers qui permettaient de rembourser le prêt souscrit ! Heureusement en « fond associatif » il y a des réserves dont nous pouvons profiter. Nous avons touché la totalité des 15 000 € du prêt souscrit dont, pour l’instant, seule une partie a été dépensée.
Le bilan comptable 2016 fait apparaître un résultat total négatif de – 6 787,35 €. Cela sans compter le solde du prêt de 15 000 €. À chaque départ de locataire, nous sommes obligés de procéder à des travaux dans le logement. Ont été effectués : la réfection de l’enduit mural des toilettes trop humides, le double vitrage de la fenêtre de cuisine, le remplacement de deux radiateurs électriques.
Pour ces raisons, le budget prévisionnel 2017 comporte un total déficitaire de – 5 014,85 € qui ne tient pas compte de la part restante de l’emprunt de 15 000 €. Le solde non dépensé de l’emprunt nous permet de rester créditeurs et de commencer son remboursement pendant plusieurs mois encore.

Rapport moral
Durant l’exercice écoulé, les moulins, en Loir-et-Cher, ont vécu sous le parapluie de la lettre de Ségolène Royal du 9 décembre 2015, demandant aux Préfets de ne plus agresser les moulins. Pendant ce temps, une forte activité législative en partie déclenchée sur les idées d’un cabinet de lobbyistes recruté par la FFAM -ce qui explique l’augmentation de notre cotisation- procurait quelques avantages aux moulins que nous pouvons résumer comme suit :
• La loi Création/Architecture/Patrimoine de juillet 2016 permettait la protection des ouvrages des moulins à eau au titre de patrimoine remarquable.
• La loi Biodiversité en août 2016, annule cet avantage, mais rallonge de 5 ans le délai de mise en conformité des ouvrages.
• La loi Montagne en décembre 2016 rétablit partiellement la protection des ouvrages.
• Mais surtout, le 15 février 2017, l’amendement Chasseing -sénateur de Corrèze-, devenu l’article L 214-18-1 du code de l’environnement, sauve les moulins pouvant produire de l’électricité sur les rivières classées 2.
Liste 2 seulement ? Oui, mais les ouvrages de la liste 1 ne sont pas menacés d’effacement. Il est seulement demandé de ne pas en construire de nouveaux !
Notons qu’il est prudent d’attendre décrets et circulaires d’application. Pour le report du délai de 5 ans, il faut aussi avoir entamé des démarches auprès de l’administration. S’il n’y a plus de menaces, on pourrait être tenté de respirer et de ne rien faire… mais je vois mal l’administration ne pas nous demander de justifier que notre moulin est bien équipé pour produire du courant, ou sinon, que nous avons bien l’intention de l’équiper avant telle date.
J’ai souvent dit que « les moulins dont les ouvrages étaient entretenus et en bon état de fonctionnement seraient plus faciles à défendre que les autres ». Les fédérations nationales ont aidé à trouver l’idée permettant la survie de notre patrimoine, maintenant, c’est à l’usinier d’assumer la suite ! Les propriétaires qui veulent être sauvés devront assumer et assurer l’entretien ou les réparations permettant le bon fonctionnement de leurs mécanismes.

Revenons à l’ASME et à nos projets pour 2017 et début 2018
Travailler sur l’inauguration de Rochechouard le samedi 17 juin 2017 : un « encart » durant le week-end de la JPPM. Nous souhaitons y convier nos adhérents, les membres du bureau de tourisme, les élus locaux et communautaires, le président du Conseil départemental, la Fondation du Patrimoine…
La journée des moulins « JPPM » : pour l’instant sont volontaires, le moulin de Varennes à Naveil, Moncé à Saint-Firmin-des-Prés, le Grand Moulin de Mazangé, Arrivay, Rochechouard et Ponthibault à Chaon.
Refaire à l’automne à Rochechouard une tranche de travaux en milieu aquatique de part et d’autre de la vanne de décharge avec changement de la pelle de vanne elle-même, estimation 3 000 €.
Promenade d’automne, samedi 23 septembre 2017 : visite de quatre moulins sur le Loir : Moncé à Saint-Firmin, avec une roue neuve peut-être, Fortunas à Pezou avec son hydrolienne, Baigneux à Lignières, où nous pique-niquerons, Courcelles à Lignières-Fréteval, probablement avec la participation de nos amis de Touraine.
Bien sûr, personnellement, je m’engage à maintenir la « veille » sur l’eau et son administration, car les affaires ne sont pas terminées et je pense aux rivières « secondaires » également classées 2 que sont les Braye, Boulon, Fouzon, Houzée, Bavet et quelques autres dont nous avons peu parlé jusqu’à ce jour. Tels sont les engagements du président et du bureau. Nous attendons toujours davantage de participation des adhérents eux-mêmes, faute de quoi, l’association s’arrêtera un jour.
L’ASME recherche depuis quatre ans maintenant, un candidat trésorier, un vice-président qui pourrait évoluer dans une ou deux années. Et un metteur en page connaisseur de Word, capable d’intégrer des photos (fournies) dans un texte (fourni), deux fois par an ! Avec période d’essai possible fin juin prochain.
Il y a des postes vacants dans le conseil d’administration : nous vous invitons à participer « à l’essai » si vous le souhaitez ce qui vous donnera une idée du fonctionnement interne de l’association. Le fonctionnement normal est de deux réunions par an.
Vote : le rapport d’activité, le rapport financier et le rapport moral ont été acceptés à l’unanimité.

Élections statutaires
Cette année le deuxième tiers du conseil d’administration était à renouveler. Les membres le constituant sont : Mesdames Dominique Aybes-Gille, Liliane Bonvallet, Françoise Seneau et Messieurs Marc Aybes, Bernard Fauquembergue, Pierre Laurand, Alain Proust. À l’exception de Liliane Bonvallet qui ne désirait pas se représenter, les autres administrateurs souhaitent continuer. Un adhérent a présenté sa  candidature : Monsieur Christian Decker, des moulins de Spoir à Mignères, près de Chartres. Cette candidature est soumise au vote avec celles des candidats souhaitant se représenter.
Résultat du vote : Mesdames Dominique Aybes-Gille et Françoise Seneau, Messieurs Marc Aybes, Christian Decker, Bernard Fauquembergue, Pierre Laurand et Alain Proust sont élus à l’unanimité.
À 11 h 30 pile, nous pouvons rejoindre Francis Minier et ses invités devant la grille du bief… et le dégrilleur tout neuf. Les photos vous en diront plus… Vous verrez le repas à Lavardin et les sites visités l’après-midi : le moulin de la Pointe chez Jean-Marie Trogneux, le moulin de Fortunas à Pezou avec son hydrolienne chez Thierry Mazaleyrat et le moulin de Courtozé avec sa roue restaurée chez Stéphane Maufroy. Merci à tous de nous avoir reçus.

(*) Le moulin de Varennes, ancienne minoterie Debrée qui cessa son activité farinière fin 1986, a été repris par la société Minier (carrière et travaux publics). Ayant un site de dragage voisin elle y a installé son siège social. Francis Minier a superbement restauré le bâtiment pour le transformer en bureaux. Il a également modernisé la turbine et sa génératrice qui fournissent maintenant l’énergie nécessaire aux locaux. Francis Minier, membre de l’ASME, nous a déjà accueillis plusieurs fois dans la salle de réunion de son entreprise. Il entretient les meilleures relations avec l’ancien propriétaire, souvent invité et qui était avec nous pour l’inauguration du dégrilleur, M. Debrée, ravi de voir son moulin en aussi bel état.

Voici quelques photos prises par Françoise Bouillon au moulin de la Pointe. Pour les autres photos, c’est ici