AG 2016 à RomorantinNotre assemblée générale annuelle de l’ASME était organisée cette année à l’Hôtel de la Pyramide à Romorantin, ville où nous ne nous étions jamais réunis.
74 adhérents sur un total de 108 étaient présents ou représentés, et 70 d’entre eux y resteront déjeuner et visiteront l’après-midi les deux sites ouverts pour nous : la minoterie Bisson au Moulin des Quatre roues à Pruniers et la centrale hydro-électrique de Moulin Neuf des frères de Briey à Villeherviers.
Nos invités du jour donnent le ton : cette année, le patrimoine tiendra une place importante dans nos débats :
Madame Annette Doire, déléguée régionale de la Fondation du Patrimoine, Madame Hélène Leclert, présidente de la Société d’Art, d’Histoire et d’Archéologie de Sologne (SAHAS) et Monsieur Vincent Habert, professeur d’histoire, présenteront en duo les moulins à eau de la Sauldre autour de Romorantin.
La séance commence par la présentation du rapport d’activité par le président Jean-Pierre Rabier.
L’activité est classée en plusieurs thèmes :
–  Les relations avec notre fédération nationale FFAM;
–  Les manifestations locales (Journées des moulins en juin, par exemple);
–  Les réunions avec les services de l’État et les syndicats de rivière;
–  Diverses visites de sites de moulins chez nos adhérents;
–  Les contacts avec les élus locaux (sénateurs et députés) pour susciter des amendements législatifs bénéficiant à la cause des moulins.
Nicole Fiot, également présidente du Syndicat d’Initiative de Suèvres/Cour-sur-Loire, présente le bilan des activités et expositions organisées dans notre moulin Rochechouard durant l’exercice écoulé, puis distribue et commente la brochure décrivant le programme de la saison estivale 2016. Ensuite Dominique Aybes-Gille dévoile la revue 2016. Elle complète la série commencée en 2015, à savoir l’histoire de moulins régionaux qui avaient une autre activité que le broyage des céréales.
Ces deux interventions terminent le rapport d’activité qui est accepté à l’unanimité.
Le trésorier Pierre Laurand présente ensuite la situation financière, bilan 2015, puis budget prévisionnel 2016, après que Frédéric Dejente, élu adjoint au Maire de Suèvres, faisant office de commissaire aux comptes bénévole, a certifié la sincérité des comptes.Notre situation fin 2015 est positive, nous n’avons plus de crédits en cours et possédons de l’épargne d’avance.
Le rapport moral de 2015 concluait « nous devons redonner priorité à notre objectif patrimonial et relancer un programme de travaux au moulin Rochechouard. » C’est fait !
Une commission travaux s’est réunie le 8 septembre 2015 au moulin et a listé les travaux jugés nécessaires à l’extérieur ainsi qu’à l’intérieur, où seules les dépenses liées à la sécurité avaient été entreprises lors de la remise en route. Les devis nécessaires ayant été demandés à deux entreprises, le CA dans sa séance du 30 janvier a fait son choix, en votant des travaux d’une valeur totale de 31 550,00 €.
Bernard Fauquembergue, membre du CA de l’ASME, mais aussi du Syndicat d’Initiative de Suèvres, explique à l’assemblée l’intérêt de ces choix.
ASME_AG_2016-13Pierre Laurand (lui-même correspondant de la Fondation du Patrimoine) explique le mécanisme des aides dont nous pouvons bénéficier. Tout commence par une souscription volontaire basée sur des dons fiscalement déductibles. Si les dons dépassent le montant minimum de 9 % du devis, cela déclenche une subvention de la Fondation du Patrimoine (au moins 6000 €) qui déclenche ensuite une subvention du Conseil départemental (au moins 4700 €). L’ASME y consacre une partie de son épargne, et complétera la somme en souscrivant un prêt de 15 000 € sur 7 ans. Le président et le trésorier ont fait les démarches bancaires nécessaires et le dossier de prêt a été accepté. Il en coûtera 191 € par mois, somme largement couverte par le loyer perçu. Il reste maintenant à officialiser le lancement de la souscription, par signature officielle de la convention entre l’ASME et la Fondation du Patrimoine. Madame Annette Doire, au nom de la Fondation, constate que notre moulin de Rochechouard, communique une image forte du patrimoine de proximité, comme tous les moulins en général, et que nous avons un devoir de passation du savoir aux les générations futures.
Pourquoi une souscription ? Surtout pour sensibiliser le grand public. L’effort que nous ferons pour faire la promotion du bulletin de souscription sera positif pour la Fondation, pour notre moulin et pour l’ASME. De plus, la délégation Centre-Val de Loire de la Fondation du Patrimoine, pour ses 20 ans, a sélectionné 20 réalisations significatives dans le département : le moulin Rochechouard fait partie de ces 20 sites remarquables.
Annette Doire, déléguée départementale pour la Fondation du Patrimoine et Jean-Pierre Rabier pour l’ASMEAprès ces quelques mots, Annette Doire, déléguée départementale pour la Fondation du Patrimoine et Jean-Pierre Rabier pour l’ASME, cosignaient la Convention de souscription permettant de démarrer officiellement l’opération.
Cette séquence clôturait le rapport financier pour l’année 2015 et l’exposé des engagements pour l’année 2016.
Ce rapport financier est accepté à l’unanimité.
Dans son rapport moral, le président confirme que si la lettre de Ségolène Royal aux Préfets du 9 décembre dernier (2015) a permis de diminuer la pression des services de l’état sur les moulins, il ne s’agit sans doute que d’un sursis. Il s’engage donc à maintenir la veille sur l’eau et les ouvrages, car rien ne sera terminé en 2017, date d’échéance des mises en conformité obligatoires. Il restera donc au contact des services de l’état et des syndicats de rivière, assisté dans la relation avec ces derniers par Olric de Briey et Jacques Godin.
Il s’engage à relancer l’activité du site www.moulinsaeau-41.org, un peu délaissé l’année écoulée.
Il veillera aussi à faire évoluer la revue annuelle, car le principe du « thème dominant » étant abandonné, c’est l’actualité de l’association et la vie de ses moulins qui rempliront les pages. (Pour commencer, si on lui donnait un nom à cette revue ? N’hésitez pas à proposer vos suggestions).
Enfin comme chaque année, le président souhaite vivement la candidature de nouveaux volontaires pour la gestion actuelle et future de notre association. En l’absence de nouveaux bénévoles, on pourrait prédire la disparition de l’association… Nous recherchons toujours un trésorier, et un second vice-président. Une compétence traitement de texte/bureautique ne serait pas un luxe, et la nouvelle orientation de notre revue entraînera un besoin de reporters/rédacteurs. Si vous voulez connaître l’association de l’intérieur et agir sur son fonctionnement, vous pouvez entrer au Conseil d’Administration et devenir administrateur. Nous avons créé pour cela deux postes de « conseillers associés » qui vous permettent de faire votre apprentissage et de goûter à la fonction avant d’être élu. Pensez-y…
Ce rapport moral est accepté à l’unanimité.
Dernière obligation statutaire de notre assemblée : les élections ou réélections du 1er tiers des administrateurs.
Tous acceptent de se représenter, à l’exception d’Alain Gageonnet qui n’habite plus la région qu’à temps partiel.
Monsieur Michel Gourivaud, du Moulin de Courcelles à Lignères, sur le Loir, accepte d’intégrer le conseil.
Les candidatures de Mesdames Corinne Piette, Jane Willems, et de Messieurs Claude Beauvais, Olric de Briey, Alain Godillon, Jean-Pierre Rabier et Michel Gourivaud sont soumises au vote de l’assemblée. Ils sont élus à l’unanimité.
Minoterie Bisson à PruniersAprès le repas pris sur place, nous nous dirigerons vers la minoterie Bisson à Pruniers, ancien Moulin des Quatre roues, rebaptisé Moulin de Sologne, seul survivant des moulins fariniers de Loir-et-Cher au sud de la Loire. Entre turbine, broyeurs et planschisters, Stéphane Bisson nous explique le processus d’écrasement du blé (environ 3300 tonnes par an) et sa transformation en plusieurs types de farine.

Moulin Neuf fit partie de l’empire industriel NormantNous nous rendons ensuite vers une autre activité permise par le courant de la Sauldre : la production d’hydro-électricité par la turbine de Moulin Neuf à Villeherviers.
Le site de Moulin Neuf fit partie de l’empire industriel Normant jusqu’à la fermeture du site en 1969. Le courant produit ici partait par câble aérien jusqu’à l’usine située en centre-ville ! La turbine et le générateur en place actuellement datent de 1987. C’est la troisième génération de matériel installé dans ce site. À cette date, Antoine de Briey, père d’Olric, gendre Normand, encore propriétaire des droits d’eau qui ont été conservés, pense à redonner vie à ce qui reste de l’installation. « Je sais que cet investissement ne m’apportera pas la richesse, mais je le fais pour les générations futures en créant pour demain de l’énergie propre. » Une turbine Kaplan d’une puissance de 200 kW couplée à un multiplicateur et une génératrice asynchrone produit environ 600 000 kW/an, envoyés sur le réseau après passage dans un transformateur. La turbine et le générateur en place actuellement datent de 1987Vous pouvez lire en détails l’histoire de la centrale de Moulin Neuf sur notre site internet :
– en cliquant sur l’index « nos moulins », vous trouverez une page consacrée à Moulin Neuf
– en cliquant sur l’index « bulletins » et en cherchant le bulletin n° 6 consacré à l’hydroélectricité, plusieurs pages racontent l’historique de cette centrale.
Jean-Pierre Rabier